Calcul de l'IFM et des CP

Ce simulateur isole les deux indemnités de fin de mission à partir d'un brut que vous connaissez déjà : l'indemnité de fin de mission (IFM) et l'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP). Il affiche surtout ce que les bulletins de paie ne détaillent jamais — les deux assiettes de calcul, qui ne sont pas les mêmes.

Ce qui entre dans la base de calcul de l'IFM

L'assiette de l'IFM, c'est la rémunération brute totale perçue au titre de la mission. Elle comprend le salaire de base, les majorations d'heures supplémentaires, les majorations de nuit, de dimanche et de jours fériés, ainsi que les primes qui rémunèrent le travail : prime de rendement, prime de risque ou d'insalubrité, treizième mois au prorata.

En sont exclus les remboursements de frais : prime de panier, indemnité de transport, indemnité de déplacement ou de grand déplacement. Ils compensent une dépense, ils ne rémunèrent pas un travail — les intégrer à l'assiette est l'erreur la plus fréquente lorsqu'on recalcule ses indemnités à partir d'un bulletin.

L'IFM : 10 % de cette assiette

L'IFM, aussi appelée prime de précarité, est égale à 10 % de l'assiette. En intérim ce taux est un plancher légal : aucune convention ne peut l'abaisser. La nuance concerne le CDD, où un accord de branche assorti d'un accès privilégié à la formation peut ramener l'indemnité de fin de contrat à 6 % — d'où les deux taux proposés dans le simulateur.

L'IFM est due quelle que soit la durée de la mission : il n'existe aucun seuil minimal, une mission de trois jours y ouvre droit comme une mission de six mois.

Les congés payés : une seconde assiette, majorée de l'IFM

L'ICCP vaut elle aussi 10 %, mais elle ne se calcule pas sur la même base. Son assiette est la rémunération brute majorée de l'IFM. C'est la règle dite des « 10 % des 10 % » : l'IFM entre dans l'assiette des congés payés, l'inverse n'étant jamais vrai.

Conséquence pratique : les deux indemnités ne s'additionnent pas à 20 % du brut. Sur une base de 100 €, l'IFM fait 10 € et l'ICCP 11 € — soit 21 € au total, et non 20 €. Rapportées au brut final de 121 €, elles en représentent 17,4 %.

Exemple : 4 200 € de brut et 150 € de primes

Poste Montant brut
Base de calcul de l'IFM
4 200 € + 150 € de primes
4 350,00 €
IFM — 10 % de 4 350 €+ 435,00 €
Base de calcul des congés payés
4 350 € + 435 € d'IFM
4 785,00 €
ICCP — 10 % de 4 785 €+ 478,50 €
Brut total de fin de mission5 263,50 €

Les 150 € de primes ne coûtent pas 150 € à l'agence : en entrant dans l'assiette, ils entraînent 15 € d'IFM et 16,50 € d'ICCP supplémentaires. C'est aussi pourquoi il vaut la peine de vérifier qu'une prime soumise a bien été intégrée à la base.

Le repère de vérification rapide

Une fois l'assiette connue, un seul coefficient suffit à contrôler le brut de fin de mission : × 1,21 lorsque l'IFM est due au taux de 10 %. Dans l'exemple ci-dessus, 4 350 × 1,21 = 5 263,50 €. Si l'IFM n'est pas due, le coefficient tombe à × 1,10 ; au taux CDD réduit de 6 %, il est de × 1,166.

Où lire ces montants sur le bulletin de paie

L'IFM et l'ICCP apparaissent sur le bulletin de fin de mission, en lignes distinctes situées sous le salaire brut, souvent libellées « indemnité de fin de mission » et « indemnité compensatrice de congés payés ». Elles sont ajoutées au brut avant le calcul des cotisations : elles sont donc soumises aux charges sociales et à l'impôt sur le revenu, au même titre que le salaire.

Les montants de ce simulateur sont bruts. Comptez de l'ordre de 22 % de cotisations salariales pour approcher le net, la retenue exacte dépendant du poste et des taux de votre agence.

Les cas où l'IFM n'est pas versée

L'assiette des congés payés perd sa majoration lorsque l'IFM n'est pas due : embauche en CDI par l'entreprise utilisatrice à l'issue de la mission, rupture à votre initiative ou faute grave, contrat saisonnier ou d'usage, période de formation, force majeure. L'ICCP, elle, reste due dans tous les cas — mais calculée sur le seul brut. Sur une base de 4 350 €, le total tombe alors à 4 785 € au lieu de 5 263,50 €.

Questions fréquentes

Comment vérifier le montant de mes IFM ?

Additionnez tous les bruts de la mission, retirez les primes de panier et de transport, puis appliquez 10 %. Si le montant porté sur votre bulletin est inférieur, la cause est presque toujours la même : une prime soumise a été oubliée dans l'assiette, ou un remboursement de frais y a été inclus à tort.

Les primes de panier entrent-elles dans la base de calcul ?

Non. Les primes de panier, de transport et de déplacement sont des remboursements de frais professionnels : elles ne rémunèrent pas le travail et restent hors de l'assiette de l'IFM comme de celle des congés payés. Seules les primes liées à l'exécution du travail y entrent.

Pourquoi l'IFM et les CP ne font-ils pas 20 % ?

Parce que les congés payés se calculent sur une assiette qui inclut déjà l'IFM. Deux fois 10 % appliqués successivement donnent 21 % de la base de départ, et non 20 %. Rapporté au brut total versé, l'ensemble représente 17,4 %.

L'IFM est-elle due sur une mission de quelques jours ?

Oui. Aucune durée minimale n'est exigée en intérim : une mission d'une journée ouvre droit à l'IFM comme une mission longue, dès lors qu'aucun cas d'exclusion ne s'applique. Chaque fin de contrat déclenche le versement des indemnités correspondantes.

Simulateur IFM et congés payés

Les deux assiettes, à partir de votre brut de mission

Ce simulateur d'IFM et de congés payés créé par applique les règles du code du travail sur le travail temporaire : IFM à 10 % de la rémunération brute et indemnité de congés payés à 10 % de cette rémunération majorée de l'IFM. Les montants sont bruts et ne tiennent pas compte des cotisations sociales ni des remboursements de frais.

Les concepteurs de ce calculateur déclinent toute responsabilité pour les conséquences directes ou indirectes résultant de l'utilisation de cet outil. Seul le bulletin de paie établi par votre agence d'intérim fait foi.